Eklablog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Oser être une belle femme de 50 ans et plus en ces temps de jeunisme effrénés.

Publicité

Même au-delà de cette limite mon ticket est toujours valable

De toute façon, les autres ne manqueront pas de vous le faire remarquer, vous pouvez compter sur eux. Ils seront les premiers à renifler que vous n'êtes plus de la première fraîcheur. Les premiers à vous remiser au rayon des sous-produits frelatés. Une expérience cinglante. Il faut l'avoir faite au moins une fois pour prendre toute la mesure de l'impensable dans lequel l'âge vous précipite.

C'est seulement à ce misérable moment que vous pigez enfin : vous aussi, vous avez une date de péremption.

Voilà. C'est l'heure de vérité. La vérité ? Quelle vérité ? La leur ou la vôtre ? Vous sentez la naphtaline ? Vous vous trouvez larguée ? Vous vous présumez décalée, inadaptée, usée ? En aucune manière. Pourtant, c'est votre tour de  paraître vieille aux jeunes. C'est vous qui semblez has been désormais. C'est bien vous qu'on prend pour une vieille bique qui ne comprend plus rien à rien. Vous encore qui faites figure d'ancienne, d'ancêtre, d'immémoriale. Vous qu'on voudrait mettre au rebus quand vous pensiez tenir encore la rampe haut la main. Vous voilà à jamais débêtie. Fin de la récré.

La vie vient de vous faire un méchant croche-pied et vous trébuchez au seuil d'un au-delà auquel vous n'aviez jamais songé et dont vous ne reviendrez pas. La vieillesse, ce n'est pas que pour les autres. 

Oui, ce sont bel et bien les autres, mes semblables, mes pairs, qui les premiers m'ont inscrite dans mon nouvel âge. Ce sont bien eux qui, subitement, me bousculent, me hâtent et me pressent. Dégage le passage ! Aux encombrants !

Je n'avais pas encore fait mon coming out de future quinqua que déjà, on me situait "dans la cinquantaine". Ça se voyait donc tant que ça ?

Ce jour-là, la cinquantaine m'est réellement tombée dessus et je l'ai reconnue pour ce qu'elle est : une étape déterminante chargée de sens. Un âge clé, irréfutable, qui vous stigmatise à jamais alors que vous êtes sur votre lancée et que vous ne voyez pas où est le problème.

"Elle est dans la cinquantaine" ! Ce serait donc désormais ma seule définition, mon unique qualificatif ? L'âge, par delà toute autre considération, serait devenu mon principal signe distinctif, ma marque de fabrique ?

Oubliées mes qualités, mes compétences, mon expérience, mes multiples possibilités. Perdues à jamais, mes réalisations, mes performances, mes créations. Gommées, mes perspectives d'avenir et de déploiement. Je ne suis plus qu'une femme à la tombée du jour. Intense désarroi.

Ma vie résumée à une malheureuse décennie, sans autre forme de procès. Ma vie qui bascule malgré moi dans l'irréversible, cette chose inconcevable, inouïe, irréelle, triviale.

 Me voilà estampillée cinquantenaire, autrement dit, vieille. Vieille ?

Nous avons 50 ans et plus, et nous sommes des femmes du 21ème siècle. Des femmes modernes, qui vivent avec leur temps. Productives, prolifiques, engagées, telles que nous l'avons toujours été. Des femmes mûres, assurément. Et ?... Qu'est-ce que ça signifie au juste ?

Je suis sérieuse, bosseuse, accrocheuse, fonceuse et scrupuleuse depuis toujours. L'âge ne m'a rendue ni crétine, ni empotée, ni stupide. Je suis vivace, coriace, efficace, tenace. L'âge ne m'a pas diminuée, ni affaiblie, ni amoindrie. Je suis fière, forte, franche et  fiable. L'âge a fait de moi une personne plus sûre d'elle, plus affirmée, moins fragile.  

Je suis connectée. J'apprivoise plutôt bien les nouvelles technologies puisqu'elles sont  devenues ma principale activité. Je fais des projets et me suis même embarquée dans une  nouvelle vie amoureuse, bien plus épanouie et heureuse qu'il y a vingt ou trente ans. Je  m'entretiens du mieux que je peux pour rester en état de marche, comme j'ai toujours fait.  Vous voyez, je ne renonce à rien. Je veux tout : amour, travail, famille, réussite, santé…

 Pourquoi faudrait-il enterrer une quelconque part de soi avec le temps ?

Me voir dans la glace le matin ne me fait pas hurler d'horreur et si je prends le temps de me déplier et de me défroisser, je suis d'attaque pour la journée. Je prends soin de moi grâce à des crèmes, des sérums et le grand air qui me font les cheveux soyeux, une peau de bébé et une bonne mine non feinte. Surtout, je suis amoureuse de mon mari qui me le rend bien. A ce qu'on dit, c'est le meilleur soin de beauté jamais inventé. La meilleure prescription anti-rides, anti-stress et anti-morosité. Une cure de jouvence sans pareille. Je confirme. L'amour réconcilie. L'amour rajeunit. L'amour embellit.

 À 52 ans, me voilà entre deux âges, c'est vrai, et l'expression n'a rien de bien flatteur, toute empreinte de croyances et de superstitions d'une autre époque. Mais moi je ne me sens pas si différente. Je n'ai pas cessé d'exister, de penser, de donner, d'apprendre, de désirer, d'aimer. Je suis fière de moi et de mon parcours. Je ne retire rien. Alors ? Où est la ligne de démarcation ? Pourquoi cette frontière soudaine où on vous demande de montrer patte blanche ? Quelque chose à déclarer ? Une faute à expier ? Une contrefaçon ? Ça commence quand ? Ça finit où ?

L'âge mûr ne serait donc qu'une suite de justifications, de replis et de discriminations ? Un exil ? Une épuration ? L'âge mûr ne serait acceptable qu'à la condition expresse de paraître dix ans de moins, comme dans les numéros "spécial rajeunir" des magazines féminins ?

Moi, je réclame ici le droit inaliénable de vieillir à ma guise, de faire mon âge en toute élégance et avec punch.

Je revendique le droit indéfectible de produire ma date de naissance, de la trompeter même s'il le faut, sans honte, sans haine, ni mensonges. Je défends ma chance d'affirmer que la cinquantaine est tout sauf une offense, une abjection ou une maladie honteuse. Je jure que je l'aimerai et la chérirai, cette cinquantaine, sans jamais la renier, même si elle me malmène de temps à autre. Ce serait ma vie entière qu'on me sommerait d'abjurer ainsi. Et tout ça pour quoi ?

Ma cinquantaine vaut assurément bien mieux que ça.

Elle est l'occasion unique de me lancer dans une nouvelle vie quand ma mère au même âge n'avait plus qu'à se ranger en attendant la fin. Rien que pour ça mes contempteurs peuvent toujours hurler avec les loups, je ne les entends même pas.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article