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Oser être une belle femme de 50 ans et plus en ces temps de jeunisme effrénés.

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Le syndrome du nid vide

Le syndrome du nid vide

 

Cristina Cordula a 51 ans, elle ne s'en cache pas (elle aurait bien tort) et un fils qui vient de quitter la maison pour poursuivre ses études à Londres.

Dans l'interview, elle raconte que ce départ a été un grand stress pour elle, qu'elle se sentait angoissée à l'idée que son fils unique s'éloigne d'elle. Saurait-il se débrouiller seul ? Et elle, qui a fait de son fils sa priorité absolue, comment allait-elle combler l'absence ?

Comme nous toutes, elle est accaparée par sa vie professionnelle, mais une fois rentrée à la maison, il manque quelqu'un et ce manque est cruel, abyssal, douloureux, insupportable même, pour la plupart des mères. Du moins au début.

Ce fut mon cas quand, il y a dix ans, mon fils à moi a décidé de partir vivre à Paris.

Heureusement, il partait en colocation, ce qui me rassurait. Mais le vide, que dis-je, le gouffre qu'il allait laisser derrière lui, j'avais l'impression que je n'y survivrai pas !

Rendez-vous compte... Pendant vingt ans toute notre vie tourne autour de nos enfants. Tout s'organise et se décide en fonction d'eux. Ecole, activités périscolaires, vacances, sorties, loisirs, repas... Pas un geste, pas une activité, pas une envie qui ne soit conditionnée à eux. Et d'un coup, le vide, l'absence, le silence, le désœuvrement. 

Tout est à réinventer à cette nouvelle donne : mon enfant a quitté la maison 

Bien sûr qu'il n'y a rien de plus naturel et bien sûr que je l'ai encouragé et soutenu.

Pourtant, j'avais beau me raisonner, j'étais en état de choc. Saurait-il faire attention à lui, bien se nourrir, ne pas prendre de risque inutile, se soigner, gérer sa totale liberté toute neuve ?

Evidemment qu'il a su ! Je l'avais fort bien élevé et il était parfaitement apte à s'assumer, comme je l'ai fait moi-même à son âge... Mais c'est le propre des mères de s'inquiéter pour leurs enfants. Il n'y a pas d'âge pour ça.

Dix ans après, je peux témoigner que l'on se raisonne, que l'on s'habitue, que la vie reprend son cours pas en mieux ou en moins bien, mais en différent.

Et heureusement. On ne peux pas passer sa vie à pleurer sur soi, à se lamenter, à se désoler du temps qui a passé si vite et de cette nouvelle page qu'il faut écrire sans eux. Plutôt que d'en faire un malheur, il faut en faire une opportunité.

J'ai retrouvé ma liberté moi aussi. Je me suis réapproprié tout l'espace dans mon appartement, transformant sa chambre en bureau. J'ai fait de nouveaux projets, lancé de nouvelles activités, comme une reprise d'études à 46 ans. Ça a été une expérience extraordinaire. Douloureuse, car il me manquait énormément au début, mais fantastique aussi parce que je faisais des choses nouvelles, qui me plaisaient vraiment, sans contraintes, à ma guise et pour moi, rien que pour moi ! Un nouveau départ en quelque sorte, une renaissance à moi-même. Après des années passées à éduquer mon enfant, le protéger, l'aider à grandir et à devenir un homme, je pouvais à nouveau penser à moi, rien qu'à moi, m'occuper de moi, vivre pour moi. Malgré la tristesse et le manque, ça avait quelque chose de délicieux et de transgressif. Je pouvais enfin être égoïste et en finir avec le sacrifice si typiquement féminin ! 

De fil en aiguille, j'ai rencontré de nouvelles personnes et un homme en particulier qui est devenu mon mari.

Avec lui, ma vie a radicalement changé, j'ai accepté que mon fils devienne un homme libre, autonome, responsable, maître de sa vie et de ses décisions.

Aujourd'hui, il a un emploi, il vient de se pacser, avec sa compagne, ils envisagent de déménager bientôt dans le sud ouest et de fonder une famille.

Voilà, il est parti et il fait sa vie, tout comme moi. Nous sommes restés très proches. Il sait qu'il pourra toujours compter sur moi et moi, je suis heureuse de son bonheur, de ses projets, de son amour pour sa femme, de son équilibre. Je suis contente, j'ai bien travaillé !

Le nouveau rôle auquel je dois me préparer maintenant, c'est celui de grand-mère ! 

Ahlala, ça va être quelque chose ! 

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