Oser être une belle femme de 50 ans et plus en ces temps de jeunisme effrénés.
OK, elle dit dans ses interviews qu'elle s'est arrêtée à 50 ans. Mais comment résister à l'envie de donner son âge réel tant Corinne Touzet est belle, féminine, resplendissante, pleine de vie et de projets.
En plus de tous ces qualificatifs élogieux, on peut dire qu'elle est sacrément culottée !
Vous pourrez en effet la voir ce soir (mercredi 28 mai) sur France 2 dans un téléfilm sur la ménopause.
Oui, j'ai bien dit un TÉLÉFILM SUR LA MÉNOPAUSE !
Sujet éminemment délicat pour les femmes et totalement tabou dans notre société.
Eh bien, ni une, ni deux, Corinne Touzet l'a fait, contre vents et marées, car les chaînes de télévision, apparemment, ne se sont pas bousculées pour ce film. Rendons hommage ici au service public !
"La productrice a d'abord essuyé des refus de toutes les chaînes. Mais elle s'est accrochée et le résultat est ce joli téléfilm où l'on aborde le sujet avec délicatesse et humour. Car oui, pour moi, comme pour toutes les femmes, c'est certainement un cap difficile à passer dans notre vie." confiait Corinne Touzet à TV MAG.
"Un si joli mensonge", c'est son titre, parle aussi du désir d'enfant que l'on peut avoir quand une femme rencontre quelqu'un sur le tard. "C'est viscéral chez une femme d'avoir envie de donner un enfant à l'homme qu'elle aime" déclare-t-elle dans ses interviews de promo.
Bon, ça, ça se discute... Pour ce qui me concerne, ayant rencontré mon mari (de 8 ans plus jeune que moi) à 46 ans, je lui ai bien dit qu'un enfant entre nous ce ne serait pas possible, non seulement à cause de mon âge, mais surtout, parce que je n'en avais aucune envie. Et là-dessus, nous étions d'accord, sans l'ombre d'un doute, ni d'un regret 7 ans plus tard.
Perso, je ne voulais pas remettre ça avec les nuits sans sommeil, les couches culottes, l'école maternelle et tout le bastringue. Vous me voyez à 53 piges aller chercher le p'tit ou la p'tite à l’école ? Tout le monde me prendrait pour sa grand-mère !
Bref... Nous sommes dans une fiction et donc, il faut une part de rêve et de glamour sinon, ça devient une consultation chez le gynéco "comment lutter contre les bouffées de chaleur" !
Il est vrai que n'importe quel homme peut (re)devenir père à 60 ans, tandis que nous, c'est bel et bien fini à 45. Mais si la nature est ainsi faite, c'est peut-être qu'il y a une raison à cela. Il faut être jeune et dynamique pour élever un enfant. A 50 ans, je crois que la plupart des femmes aspirent à autre chose, en particulier, disposer enfin de temps pour elles.
N'empêche, parler de ménopause en prime time et sur une chaîne généraliste, ça mérite d'être souligné, surligné et acclamé !
Quand en plus, la ménopausée de service est incarnée par une si belle femme, on dit bravo ! Qui irait la traiter de mémère, ou de de vieille peau ? On peut même lire dans le Gala de cette semaine qu'elle se fait régulièrement draguer. Yes !
Nonobstant, oui, la ménopause, c'est l'horreur !
Difficile d'échapper aux bouffées de chaleur, à cette fatigue énorme qui vous tombe dessus d'un coup, à la déprime qui vous fait pleurer pour un oui ou un non, aux douleurs atroces qui électrisent tout le corps ou encore à une incontrôlable prise de poids. On insulte les femmes ménopausées à cause de leur âge et de leurs saute d'humeur. Mais personne ne songe une minute à se mettre à notre place pour imaginer le chamboulement que c'est et la souffrance physique et psychologique qu'elle engendre. Toute notre vie tourne autour de nos hormones, mais il ne faut pas le dire. C'est honteux !
Heureusement, il y a d'abord eu Michèle Bernier et son super spectacle "Et pas une ride". Puis Florence Cestac a sorti sa BD, "Le démon du soir". Et maintenant, la télévision se lance. On progresse !
Sans complaisance aucune, faisons de cette soirée télé un succès afin que la cause des femmes vieillissantes avance et que ce moment intense de notre vie ne soit plus un énorme tabou.
Non, nous ne sommes pas finies quand nos règles s'arrêtent. Oui, nous sommes pleines de désirs et d'envies, amoureuses et heureuses, libérées même de toutes ces choses qui nous encombraient avant.
C'est un cap douloureux à passer, certes, mais ce n'est pas la fin des haricots comme on a longtemps voulu nous le faire croire. Alors, accrochez-vous les filles et regardez France 2 ce soir toutes affaires cessantes, avec vos mecs si possible. Hier, c'était soirée foot, ce soir c'est soirée ménopause. Ils nous doivent bien ça !
Ecoutez et regardez Corinne Touzet parler mieux que personne de son personnage sur Europe 1 :
Le pitch d'Un si joli mensonge produit par Mascaret Film :
"Réalisé par Alain Schwarzstein et écrit avec Florence Aguttes, Un si joli mensonge déploie son récit autour de quatre générations de femmes et des problématiques féminines liées au vieillissement. L’héroïne tombe amoureuse d’un homme plus jeune qu’elle (Francis Renaud) et lui cache que les symptômes qu’il aimerait être ceux de la grossesse sont en réalité ceux de la ménopause. Aux côtés de Corinne Touzet, s’amusent Anémone - dans le rôle de la belle-mère au caractère bien trempé - et Emma Colberti (icône de la génération Jamais deux sans toi…t), en professeur de zumba un peu superficielle. Une association de comédiennes inédite pour un sujet rarement abordé et qui fait tout le mérite de cette comédie." - C.V.
(Emprunté avec tous mes remerciements à Moustique, l'hebdo qui pique.)