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Oser être une belle femme de 50 ans et plus en ces temps de jeunisme effrénés.

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Mes lectures ou mes obsessions ?

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Jérôme Pélissier m'intéresse comme Valérie Colin-Simard et Nathale Rykiel parce qu'ils parlent de construction sociale, de normes indépassables, du désir et de la force de vouloir exister par soi-même sans être victime de son sexe, de son âge ou de son nom. Nous portons tous des fardeaux plus ou moins lourds selon nos origines et notre généalogie, mais quand en plus la société définit des catégories, installe des barrières, oppose les individus, juge, sanctionne et arbitre sommairement en faveur du plus beau, du plus jeune et du plus fort, il s'avère qu'être une femme et de surcroît une femme mûre, vieillissante, représente une double peine.

Le premier parle du rapport jeunes-vieux. Les secondes du rapport femmes-hommes.

Qu'est-ce que la féminité ? Que portent les valeurs du féminin ? Comment être femme, fille, mère, professionnelle, reconnue, respectée, charismatique sans être systématiquement dénigrée, dévalorisée ou dépossédée des fruits de son travail ? Pourquoi est-ce toujours plus dur pour les femmes et triplement plus douloureux quand on aborde un certain âge ? 

Qu'est-ce qui nous empêche d'avoir une vision plus large et plus tolérante les uns des autres dans un monde en crise ? Qu'est-ce qui bloque à ce point l'innovation, l'originalité et la créativité dans les rapports humains de sexes et de générations ? La peur ? Le besoin de s'affirmer non pas avec l'autre, mais contre lui ? L'insatisfaction ? La culture dominante ? Pourquoi privilégier toujours le déséquilibre, l'urgence et le rapport de force ?

En matière d'emploi des séniors, la France est le très mauvais élève de l'Europe.

Exclusion, gâchis, perte du savoir, drame social, cette question du travail des plus de 50 ans est le parfait melting pot de tous les maux du monde.

Quel senior n'est pas victime aujourd'hui de trash-managers qui ne pensent que primes d'objectifs, rentabilité à court terme, gains de productivité et masse salariale ?

Ces irresponsables d'entreprises pour qui un salarié n'est qu'un matricule et tant pis pour la boîte si on gâche un talent, une motivation, une force de travail et de créativité ! Tant pis pour les dits-salariés s'ils sombrent dans la déprime et se réfugient dans un absentéisme coûteux pout tout le monde !

Sans cesse, là encore, il faut dégommer une à une les idées reçues sur l'âge, la démotivation, le désinvestissement dans le travail. La crise a bon dos pour solde de tout compte, mais elle n'explique pas tout. Il est grand temps pour les entreprises de trouver des solutions innovantes, originales, transgénérationnelles et porteuses de sens pour des individus qui voient l'horizon de leur retraite reculer à très grands pas, même avec la gauche au pouvoir. Car croire que l'on va vivre 30 ans de plus aux crochets de l'Etat-Providence est pure illusion. Au reste, pour ce qui me concerne, je m'en voudrais de peser sur les plus jeunes, moi qui suis encore vaillante, quand eux ont toute leur vie à construire.

Enfin, quand les seniors partent à la retraite, que peuvent-ils attendre de l'incroyable longévité à laquelle ils sont destinés, pour la plupart en forme et en pleine santé ? La vieillesse, pour quoi faire ? Et quid du grand âge, des très vieilles personnes ?

Si tout est question de moyens et de volonté politique, tout est aussi question de regard et c'est le regard critique, narquois, méprisant jeté sur les femmes dites mûres que je voudrais changer.

Pour cela, il nous faut être visibles, nous les quinquas et plus. Visibles et fières. Enjouées et frondeuses. Fortes et gonflées. Pas des victimes, pas des petites choses fragiles et dépassées, mais des conquérantes décomplexées qui n'ont peur ni de leurs émotions, ni de leur vulnérabilité, parce qu'elles savent exactement où cela les mène et en quoi il est bon d'accueillir ces sensations au lieu de les rejeter.

Il nous revient de nous imposer comme des personnes à part entière avec des idées, des projets, des envies, des désirs et un haut potentiel. Il nous appartient de nous imposer comme des femmes actives, constructives, rentables puisque c'est à cette aune que l'on nous soupèse dorénavant.

Avant de changer les mentalités, je crois que nous avons à modifier notre propre regard sur nous-mêmes.

Qui pour nous accepter si nous ne nous acceptons pas nous-mêmes tells que nous sommes ? Qui pour nous soutenir et nous encourager si nous nous trouvons médiocres, inférieures et insuffisantes comme on tente de nous le faire croire à longueur de temps ? Qui pour nous réconcilier avec nous-mêmes dans l'âge, mais pas seulement. Dans le travail aussi et l'affirmation d'une belle féminité soignée et revendiquée.

C'est en cela que le livre de Nathalie Rykiel m'a le plus enchantée. Au debut, je me suis dit "qu'est-ce qu'on en a à faire ?" Et puis j'ai découvert une femme forte, une femme sensible, combative, aimante et amoureuse. Une femme, chef d'entreprise, à égalité avec toutes les autres quand il s'agit de se défendre, de se développer et de se battre pour garder sa place, faire et refaire toujours ses preuves, innover dans un milieu fragile et concurrentiel, conserver sa féminité, cultiver sa différence, comme un trésor précieux, aller au charbon, donner de soi tout en se préservant.

Voilà à quoi ces livre me mènent.

Ils parlent de moi, disent mon parcours, mon histoire et m'ouvrent des pistes. Grâce à eux, je sais que je peux vieillir en prenant le temps, en restant active et attractive, en respectant tout ce qu'il y a de féminin et de puissant en moi.

Et je me fais à mon tour l'écho de ce discours différent du discours ambiant réducteur et coupeur de têtes. Je porte à mon tour l'espoir que les choses changent, que les lignes bougent, que les regards se fassent plus généreux et bienveillants. Utopie ? Je ne crois pas...

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Q
Moi, j'ai trouvé Maturescentes pour définir les femmes de 45 à 65 ans, disons... Comme des adolescentes à rebours, pleines de questionnements, de doutes, d'incertitudes quant à l'avenir. En proie à de nouveaux bouleversements hormonaux, et pas des moindres, corporels, émotionnels... Une période de transiton parfois douloureuse, mais dont renaîtra une nouvelle femme au mitan de sa vie.
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M
A l'éternel problèeme de l'égalité des sexes et de la parité au travail s'ajoute en effet la "double peine" de l'âge. Il serait temps aussi de redéfinir le terme de senior qui englobe dans un tout démoralisant les quinqua  et les centeniares et d'inventer une nouvelle terminologie pourquoi pas par tranche de 20 ans !
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